Les Glénan
La plus petite réserve naturelle de France

l'archipel des Glénan
Les îles de Glénan
L'archipel, à une quinzaine de kilomètres des côtes, couvre une surface du même ordre que la commune de Fouesnant à laquelle il est rattaché, plus de trois mille hectares en comptant la "mer intérieure" qu'enferment les îles et les îlots, au nombre d'une douzaine. Noter que l'une de ces îles a une surface sensiblement égale à celle de l'île de Sein. L'ensemble du site est classé, afin de protéger son caractère exceptionnel. Sur l'île Saint-Nicolas, pousse, dans une réserve naturelle protégée le narcisse des Glénan, dont c'est le seul habitat connu. Il bénéficie de plusieurs procédures de protection (ZNIEFF,...). Toute cueillette y est strictement interdite.
L'étymologie de Glénan est incertaine et plusieurs hypothèses sont donc avancées : vallée, claire, cercle de mer, chambre... Il est un fait que les îles forment un cercle avec en son centre une mer plus calme et peu profonde baptisée "La Chambre".

 

Un peu d'histoire

les Glénan
Les îles de Glénan
Les Glénan sont le reste d'une chaîne de montagnes formées à l'ère primaire (plissement hercynien), il y a 500 millions d'années.
Si nous revenons plus près de nous, il y a seulement 20 000 ans, le niveau de la mer était aux environs de la cote -100 m du continent.
De la côte fouesnantaise actuelle, il fallait une journée de marche pour rejoindre l'Océan... L'Archipel, tel qu'il se présente aujourd'hui est constitué d'une douzaine d'îles principales :

Un peu d'histoire.
Les îles ont été habitées sporadiquement. On a retrouvé de nombreuses traces de civilisations anciennes: tumulus, menhirs, débris de poteries du néolithique. Peu habitées jusqu'au XVIIIème siècle, les îles étaient propriété des Moines de l'Abbaye de Saint-Gildas de Rhuys. Ils assuraient qu'il s'agissait d'un don du Roi Gradlon. L'Archipel, de par sa position stratégique, a longtemps été un repère de corsaires. Leur présence créait une insécurité constante pour les pêcheurs et plus encore pour les navires marchands. Un fort fut donc bâti sur l'Ile Cigogne durant la seconde moitié du XVIIIème siècle. Au plus fort, la garnison compta une centaine d'hommes, mais les conditions de vie particulièrement difficiles et l'insalubrité conduisirent quelques années plus tard à désaffecter le fort.
La production de soude
Ensuite, plusieurs propriétaires se sont succédés. En 1784, un négociant de Cherbourg envoie une vingtaine d'ouvriers normands travailler à la fabrication de la soude qui servait dans la verrerie. Cette soude était extraite des grandes laminaires brunes qui étaient fauchées à la faucille de Mars à Septembre, à marée basse. Après les avoir fait sécher pendant plusieurs jours sur les dunes, ils allumaient de grands feux d'ajoncs dans les fosses qu'ils avaient préalablement creusées à cet effet. Ces fosses, toujours visibles aujourd'hui (notamment à l'Ouest de l'île Saint-Nicolas, près de l'éolienne, ne sont rien d'autre que des tranchées d'une dizaine de mètres, larges de 50 à 60 centimètres et garnies sur le fond et les parois de larges pierres plates. Une fois que le feu d'ajoncs avait bien pris, on y jetait peu à peu des couches d'algues qui s'y consumaient en dégageant une épaisse fumée âcre. Il restait au fond de la fosse une masse visqueuse que les hommes remuaient à l'aide de longues perches de chataîgniers.

L'étang de la Groac'h au premier plan et la cheminée de l'usine de soude
L'étang de la Groac'h
Au bout de quelques heures, on cloisonnait cette masse homogène par des dalles transversales. En se refroidissant, les "cendres" formaient des blocs très durs : la soude. A l'époque, on a accusé la fumée dégagée par cette activité de faire fuir la sardine et les paysans du continent en arrivaient même à craindre pour leurs récoltes. L'activité des soudiers fut donc arrêtée mais redémarra quelques années plus tard, en 1794. Plus tard, à la fin du XIXème siècle, il y eut une nouvelle tentative sur l'île du Loc'h mais qui échoua rapidement en raison des importations moins coûteuses en provenance du Chili. La cheminée ronde en briques rouges est toujours visible et constitue un bon amer pour les navigateurs. Les Glénan connurent également une industrie de séchage de sardines et de lieues. A la fin du XIXème siècle, en 1891, on comptait 85 habitants sédentaires dont 39 enfants, 15 pêcheurs et 6 cultivateurs. Le phare de Penfret a été construit en 1838 après de nombreuses démarches et demandes de pêcheurs car trop peu de phares les guidaient sur la côte sud et les naufrages étaient fréquents, surtout aux alentours de l'Archipel où les écueils sont nombreux. Le phare est une tour carrée de 22 mètres de hauteur surmontant le logement des gardiens. Ce phare a été automatisé en 1993. Dès 1870 un vivier fut construit sur l'île Saint Nicolas ainsi que la cale qui permet de débarquer. Cet ouvrage, extrêmement bien placé et bien conçu fut considéré comme un modèle du genre. Il fonctionne par un système de vannes permettant le renouvellement de l'eau au moment de la marée. Ce vivier accueille des homards et langoustes qui sont destinés aux plus grands restaurants parisiens, et notamment le célèbre restaurant Prunier.
Une histoire contemporaine très riche
En 1947, Monsieur Viannay et sa femme créent le Centre Nautique des Glénans (avec un "S" !) dont la réputation n'est plus à faire. Ils sont les créateurs de célèbres bateaux à voiles, tels que le "Vaurien". Leur activité se déroule sur plusieurs îles de l'Archipel : Penfret, Cigogne, Drenec et Bananec. En 1960, le Centre International de Plongée (CIP) s'installe sur l'île Saint-Nicolas et profite ainsi de l'exceptionnelle limpidité de l'eau (due à la présence du maërl et d'un sable très blanc) pour initier de nombreux adeptes et leur faire découvrir des fonds marins d'une rare richesse.

 

La plus petite réserve naturelle de France

Le maërl: une algue très convoitée
Découverte au siècle dernier, cette algue rouge encroûtante est utilisée comme amendement et intervient également dans la fabrication de nombreux produits cosmétiques. Son nom est Lithothamnium Calcareum, mais elle est plus connue sous le nom de maërl. Son extraction a toujours lieu mais elle est extrêmement règlementée.

Le Narcisse des Glénan - Narcissus Triandus ssp capax - Une espèce unique au monde

les narcisses des Glénan
Les Narcisses
Le Narcisse des Glénan a des fleurs souvent groupées par deux, de couleur jaune pâle, presque blanche, y compris la couronne allongée.
Il a été découvert en 1803 par Monsieur Bonnemaison, pharmacien à Quimper. Il devait aussitôt susciter l’intérêt de nombreux botanistes et donna lieu à des controverses passionnées sur son statut taxonomique, c’est-à-dire sur son appartenance à tel ou tel niveau de classification. Cette espèce est l’un des fleurons de la flore régionale et nationale, elle est unique au monde. Dans l’Archipel, même si quelques îlots abritent encore de petits peuplements, c’est sur l’Ile Saint Nicolas que l’on trouve le fameux Narcisse. Une espèce menacée du fait de sa spécificité. Contrairement à la plupart des Narcisses, il se reproduit par graines et non par division des bulbes. Ainsi, une cueillette intensive faillit faire disparaitre l’espèce. Dès 1924, les botanistes s’inquiétaient pour l’avenir de cette plante qui fit même l’objet de tentatives de culture de la part d’horticulteurs désirant la commercialiser.
A l’initiative de la SEPNB (Société pour l’Étude et la Protection de la Nature en Bretagne), une partie de l’Ile Saint Nicolas fut classée en réserve naturelle en 1974. Sa gestion fut confiée à la commune de Fouesnant. Avec ses 15 225 m2 , la réserve, entièrement consacrée à la protection de cette espèce endémique de l’Archipel Fouesnantais, est la plus petite réserve naturelle de France. Au début, une simple clôture fut érigée. Paradoxalement, elle aurait pu sonner le glas des Narcisses. L’arrêt du piétinement et la légère diminution de la force du vent provoquée par la clôture se traduisit par le développement rapide d’une végétation arbustive de genêts, fougères et ronces.
Lors d'un inventaire effectué en 1980, le Conservatoire Botanique de Brest et la SEPNB attirèrent l’attention du Maire de Fouesnant sur l’évolution alarmante constatée au sein de la réserve. En 1984, le nombre de pieds fleuris était inférieur à 3 000. Il devenait donc urgent de mettre en oeuvre une gestion scientifique de la réserve. La gestion de la réserve naturelle. C’est en 1984, que le suivi scientifique fut institué grâce à la création d’un comité de gestion. La gestion de la réserve fut officiellement confiée à la SEPNB en 1986.
La régression de la population de Narcisses constatée entre 1980 et 1984 montrait la nécessité d’un débroussaillement. Celui-ci fut réalisé au cours des mois de Février 1985 et 1986 , avant que les Narcisses n’aient développé leurs feuilles. Depuis 1985, la population de Narcisses est systématiquement recensée sur la totalité de la réserve. Remontée à plus de 8 500 pieds fleuris en 1987, le nombre de Narcisses est aujourd’hui de l’ordre de 40 000 à 50 000 pieds. L’espèce peut être considérée comme sauvée. Le débroussaillement ayant un effet indiscutablement bénéfique pour le fleurissement du Narcisse, l’idée d’un entretien par pâturage extensif parut séduisant.
Par son écologie, par son caractère rustique et par le peu d’entretien et de surveillance qu’il nécessite, le petit mouton noir d’Ouessant semblait tout indiqué. Une dizaine de moutons fut mise à pâturer dans la réserve mais des chiens tuèrent plusieurs moutons. La succession fût assurée pendant quelques années par deux ânes et un poney. Mais cette solution de pâturage naturel n'était pas encore idéale et connaissait au moins deux limites. Tout d'abord, le crottin produit par nos "ouvriers à quatre pattes" risquait d'entraîner une modification de la nature du sol qui aurait pu finalement être préjudiciable au Narcisse lui-même. Enfin, le pâturage de l'enclos des Narcisses avait lieu après la floraison, durant l'été, au maximum de la fréquentation touristique de l'île, et notre trio eût rapidement tendance à préférer les biscuits, sandwiches et autres restes de pique-niques à l'herbe sèche et aux fougères...
Réserve Naturelle
La plus petite réserve de France
Actuellement, l'entretien de la réserve naturelle est donc assuré sous la forme de chantiers de débroussaillage manuel et mécanique. La concurrence de la Jacinthe des Bois. Le spectacle éphémère de la floraison du Narcisse des Glénan (généralement à partir de la mi-Avril) est réellement grandiose d’autant que les Jacinthes fleurissent en même temps. La réserve qui n’est qu’un espace de fougères en été devient alors un véritable tapis vert, blanc et mauve.
Ce tableau féérique ne doit cependant pas masquer une réalité un peu plus inquiétante. Des observations sur le terrain, confirmées par des expériences menées par le Conservatoire Botanique, montrent que la concurrence entre la Jacinthe et le Narcisse risque de mettre en péril ce dernier. Le suivi scientifique de la réserve reste donc indispensable d’autant que les petits peuplements de quelques îlots de l’Archipel (Brunec, Le Veau, La Tombe) semblent sérieusement menacés du fait notamment de la sur-fréquentation des goélands.
Les sorties nature
Les Sorties Nature aux Iles Glénan sont programmées tous les mardis d’Avril à Septembre. La floraison du Narcisse est généralement visible durant les trois premières. La station de Fouesnant – Les Glénan a obtenu la Cigogne de Cristal 1994 pour la qualité de son action en faveur d’une découverte de l’environnement.
Ce Trophée national est décerné tous les ans par un jury composé de journalistes et de représentants des Ministères du Tourisme, de l’Environnement et de la Fédération Nationale des Offices de Tourisme.

 

La légende de la Groac'h

Cette légende a été recueillie au milieu du siècle dernier par Émile SOUVESTRE ("Le Foyer Breton" 1884).
On peut la raconter ainsi :
Au pays de Lannilis, vivaient Houarn Pogam et Bellah Postic. Ils avaient grandi ensemble et devaient se marier. Mais hélas, aucun d'eux n'avait un sou vaillant.
Houarn décida de quitter le pays pour chercher fortune. Avant son départ, Bellah lui confia deux objets : "Voici le couteau de Saint Corentin qui défait les enchantements et la clochette de Saint Kolédoc qui prévient les amis quand on est en danger. Moi, je conserve le bâton de Saint Vouga qui me conduira où je lui dirai si tu as besoin de secours."

l'étang
l'étang
Après plusieurs jours de marche, Houarn arriva au Pays de Pont Aven. Là, il entendit parler de la sorcière du Loc'h : la Groac'h. Elle habitait au fond de l'étang dans la plus grande île des Glénan et était d'une richesse fabuleuse.
Beaucoup avaient essayé de lui dérober son trésor, mais personne n'en n'était revenu.
Rapidement, Houarn s'en fut au bord de l'étang où un cygne attendait. Il l'emporta sur son dos et plongea au milieu de l'eau.
Il se retrouva auprès de son superbe château, devant la Groac'h qui était d'une beauté éblouissante.
La Groac'h lui proposa un marché : toutes ses richesses à une seule condition, qu'elle devienne sa femme !
Tenté par la proposition, Houarn s'assit pour réfléchir et manger une friture de poissons que la sorcière venait de pêcher dans le vivier du palais. Il sortit son couteau pour couper les poissons, mais à peine les eut-il touchés qu'ils devinrent de petits hommes. : "N'épouse pas la Groac'h, sinon tu seras comme nous qui avons cru devenir riches en acceptant son marché" crièrent-ils en choeur.
Mais la sorcière jeta son filet sur Houarn qui fut aussitôt transformé en grenouille. La clochette de Saint Kolédoc qu'il portait autour du cou se mit à tinter et Bellah l'entendit.
Elle enfourcha immédiatement son bâton de Saint Vouga et se retrouva en un instant à l'île du Loc'h où déguisée en homme elle se présenta à la Groac'h.
La sorcière lui fit la même proposition qu'aux autres : "D'accord dit Bellah, si vous me laissez auparavant pêcher avec votre filet l'un des poissons que je vois dans ce vivier".
La Groac'h accepta mais dès que Bellah eut le filet, elle le jeta sur la sorcière et l'y enferma, et elle se transforma en un hideux crapaud que Bellah noya dans un puits.
Elle toucha ensuite du couteau enchanté chaque poisson qui se transforma en autant de chrétiens. Houarn, après avoir retrouvé sa forme première et fait provision de pierres précieuses et d'or, s'en retourna au pays avec Bellah qu'il épousa. Et ils furent désormais heureux.

 

Les principales îles
de l’archipel des Glénan

l'île aux moutons
L'île aux moutons
L'île aux Moutons, que l'on rattache habituellement aux Glénans, a une surface de 5 hectares. Son nom lui vient, dit-on, de l'existence de troupeaux de moutons qui auraient été jadis détruits par les rats. Les marins lui donnent le nom breton de Moalès.
Le beau menhir que l'on y voit prouve qu'elle était habitée déjà dans les temps préhistoriques ; elle n'a plus d'autres occupants que les gardiens du phare.
le phare
Le phare des Moutons
Cette île est entourée de rochers, dont les principaux sont Trévarec et Penanguen ;
Aussi ces parages sont très dangereux. Entre les Moutons et les Glénans, il existe encore une série d'écueils, dits les grands et les petits Pourceaux, qui obligent les navires à se porter vers le sud, en suivant une direction qui les mène dans le couraut des Glénans. C'est sur les Leuriou, récif à l'est des petits Pourceaux, que la frégate du Roy, la vénus, s’est perdue au milieu du XVIIIe siècle. Il y a peu d'années, un grand navire anglais, le Lyme Régis, qui allait de Bilbao en Angleterre avec un chargement de minerai, s'est perdu sur les Moutons par un temps de brouillard. Beaucoup d'autres naufrages l'avaient précédé et l’établissement d'un phare, demandé en 1795, fut décidé quatre-vingts ans plus tard. La tour a 18 mètres de hauteur, le feu est de 4e ordre et sa portée est de 16 kilomètres, Il a été allumé le 1er janvier 1879, mais malheureusement il n'a pas toujours empêché les accidents de mer de se produire.

L’île du Loc’h qui, d’après le cadastre, aurait une surface de 58.50 ha, se trouve être la plus grande des Glénan, même en déduisant la surface très variable, (4 à 5 hectares au minimum), d'un étang qui occupe le centre de l'île et lui donne son nom.
L'eau de cet étang est saumâtre et les bords marécageux n'évoquent guère le souvenir de la fée du Loc'h dont la légende, fort embellie, est racontée par Emile Souvestre dans le Foyer breton.
A l’ouest de l’île du Loc'h, on voit une ferme, au nord-ouest, les ruines d'une importante usine jadis construite par M. du Frétay pour la fabrication sur place de la soude. Cette industrie a été abandonnée il y a plusieurs années, par suite d'une énorme dépréciation de prix des produits fabriqués. La haute cheminée sert d'amer aux pêcheurs.
Une petite maison a été construite à la pointe nord-est par un amateur de chasse et de pèche, A l'est on aperçoit encore les ruines d'une sorte de tour et de vagues traces d'une batterie.
Les naufrages sont fréquents dans les parages de l’île du Loc'h et de l'écueil de la jument, situé à cinq kilomètres au sud des Glénans. Aussi rencontre-t-on sur les côtes de l’île de nombreux cimetières où reposent les corps des victimes.
Quelques-uns portent des noms significatifs : cimetière des Grecs, des Anglais, des Irlandais.
En deux endroits, les tombes sont entourées de myrtes.
La femme d'un des habitants m'a dit avoir vu un étranger venir s'y agenouiller et prier.
D'autres tombes, par leur mode de construction, paraissent remonter à une époque fort éloignée et se rapprocher des coffres de pierre ou Stone-cists qui ont été rencontrés souvent en Bretagne. Les uns sont formés par quatre dalles posées de champ et écartées de 0 m 50, d'autres, dont les dimensions sont plus grandes, peuvent être comparés à de petits dolmens.
D'après M. P. du Chatellier, un certain nombre de ces coffres auraient été fouillés par M. du Frétay, qui n'y aurait trouvé que des ossements.
Tout à fait au sud de l’île se trouve une sorte de chaos où M. Audouin Dumazet a cru voir les restes d’un établissement celtique considérable, Cette appréciation semble discutable; peut-être s'agit-il simplement de très anciennes carrières.
Enfin il reste à parler de la chapelle qui existait encore récemment à la pointe nord de l’île du Loc'h et du vénérable prêtre qui l'avait créée, Mgr du Marhallac'h.

Saint Nicolas
Saint Nicolas
L'île Saint-Nicolas est, sinon la plus grande (sa surface cadastrée est de 17 hectares 31 ares), du moins la plus importante au point de vue de ses relations avec Concarneau, dont elle est la plus rapprochée. On peut y accoster au nord, mais au sud le débarquement est facilité. par une cale : une deuxième cale a été établie en 1881, pour la mise à l'eau du canot de sauvetage.
Saint-Nicolas ne forme en réalité qu'une seule île avec l'îlot Becguelec et Bananec, que l'on peut, au moment des basses mers, atteindre à pied sec.
Il existe un grand bâtiment servant de cantine, une ferme, trois masures habitées par des pêcheurs, et un hangar abritant le canot de sauvetage.
Le sol de l'île est en partie cultivé, le reste est en pâturages. Trois figuiers, s'appuyant sur un mur, sont les seuls arbres de tout l'archipel.
On voit encore la trace des batteries qui défendaient jadis au nord et à l'est les abords de l'île.
Le port de Saint Nicolas
Le port de St Nicolas
Au nord également se trouvent deux sépultures (?) en forme de dolmen dont les chambres avaient près de trois mètres de longueur. La table de l'une a disparu, la table de l'autre s'est effondrée.
A la pointe de Becguelec, située à l'ouest, on voit les ruines d'une tour (?) ou d'un four à soude : c'est près de là qu'ont été trouvées deux amphores gallo-romaines :
-> L'une, qui a été détruite, contenait " de la terre brûlée et un mauvais sou."
-> L'autre, qui est brisée à la hauteur du col, mesure encore 511 centimètres de hauteur ; le diamètre de la panse est de 26 centimètres.
La pâte est plus fine et plus blanche que celle des poteries généralement rencontrées dans les tumulus (Au Mont-Beuvray, dans le Morvan, M. Bulliot à constaté là présence d'amphores à vin, dont le col et les anses avaient été détachés, et qui avaient servi d'urnes funéraires).
Tous les bâtiments élevés sur cette île appartiennent au même propriétaire, sauf le vivier construit par AI. Halna du Frétay sur un terrain maritime qui lui avait été concédé personnellement, C'est un ouvrage considérable dont la dépense s'est élevée à près de cent mille francs. Il renferme des compartiments séparés, principalement destinés à la conservation des langoustes, où il est possible de faire varier le niveau de l'eau en suivant le mouvement de la marée.

Penfret
Penfret
L’île de Penfret, dont la surface est de plus de 39 hectares, pourrait par ses dimensions et son importance disputer le premier rang à Saint-Nicolas ; toutes deux sont à peu près à la même distance de Concarneau.
C'est sur cette île qu'au XVIIIe siècle, M. de Marolles avait demandé l'établissement pendant six mois d'un feu de charbon pour signaler les écueils, Dans un rapport de frimaire an III, le représentant du peuple Nion réclamait un phare à la pointe sud de Penfret, car il n'en existait alors aucun entre Penmarc'h et la Loire. Beautemps-Beaupré proposa au contraire la pointe Pen-a-Mine, au nord-est de l'île, emplacement qui finalement fut adopté par la Commission des Phares en 1826, mais c'est seulement en 1836 que les travaux commencèrent.
Le feu allumé le 1er octobre 1838, est placé sur une tour carrée élevé de 36 mètres au dessus du niveau des hautes mers d'équinoxe ; sa portée est actuellement de 36 kilomètres. Ce phare, ainsi qu'il a été dit, se trouve au milieu d'un fort construit en 1812, classé en 1861, déclassé en 1889, et dont les bâtiments ont été remis au service des phares. Les maçonneries sont en bon état, et il y a une très grande citerne qui, si elle était nettoyée régulièrement, permettrait aux habitants de ne pas avoir recours à un puits dont l'eau est médiocre. Il existe dans l'île une grande maison pour les gardiens du phare et une petite ferme.
le phare de Penfret
Mouilage devant Penfret
Au nord-ouest se trouve un mouillage et une petite cale fréquentée par les yachts de plaisance. A l'est, un autre mouillage par certains vents n'est plus tenable, et doit être abandonné, Une petite cheminée conservée, sert aux marins d'amer.
Au sud de Penfret, se dresse le sémaphore dont le guetteur est chargé d'un service de télégraphe. Un bateau de sauvetage exista dans l’île depuis 1897. Il y a une carrière de granit exploitée d'une manière intermittente, qui petit fournir de bonnes pierres de taille pour les besoins des ports.
Aucune trace de monuments préhistoriques n'a été signalée jusqu'ici dans cette île.

fort Cigogne
Fort Cigogne
Fort Cigogne abrite le Centre Nautique des Glénan.